« Le lycéen » de Christophe Honoré : un beau film, dans tous les sens du terme

Le 30 novembre prochain sera synonyme de sentiments dans tous les sens et de lumières roses partout. Tel est l’effet du nouveau film de Christophe Honoré, Le lycéen.

Le passage de l’enfance à l’âge adulte n’est pas une période toujours très justement représentée au cinéma. Souvent les personnages sont trop clichés, ou au contraire pas du tout réalistes. Ici, Christophe Honoré relève le défi et parvient à trouver un équilibre très touchant. En représentant l’errance de Lucas, 17 ans, après un drame inattendu, il parvient à capturer l’essence de nombreuses adolescences : le sentiment de solitude, les questions existentielles, la colère. Autant de facteurs, qui, mélangés ensemble, donnent lieu à une grande souffrance pouvant entraîner des comportements à risque. Mais si on a souvent envie de crier à Lucas « arrête-toi ! », c’est toujours avec une immense bienveillance.

Paul Kircher, Vincent Lacoste, Erwan Kepoa Falé | Copyright Jean Louis Fernandez

Je reprends la première personne, mais pour faire une petite mise en contexte, je ne suis pas une très grande fan du cinéma de Christophe Honoré. Je trouve ses films esthétiquement et musicalement magnifiques, mais je suis souvent frustrée par la distance qu’il met souvent entre le spectateur et le personnage. Cela passe par certains tons et dialogues qui sonnent faux, selon moi. Or, dans Le lycéen, je n’ai pas cru qu’aux jolis plans et aux bonnes musiques, je me suis aussi attachée aux personnages. Pas qu’à Lucas, mais à tous ceux qui l’accompagnent dans cette reconstruction. Je pense que cela est dû à un travail des corps très important. Il y a des pleurs, des crises, des embrassades, des rapports sexuels, des courses… Un tout d’autant plus humain qu’il est porté par de très bons acteurs.

Le film révèle en effet le jeune Paul Kircher dont le rôle de Lucas ne sera certainement pas son dernier. Parmi les personnages secondaires également, il y a des acteurs qu’on espère revoir prochainement. Erwan Képoa Falé joue le colocataire de Quentin, le grand frère, et perce l’écran de par sa sensibilité. Si son personnage n’est pas concerné par le drame qui affecte la famille de son ami, cela le renvoie à sa propre histoire qui est également très bien développée. De leur côté, Vincent Lacoste (le grand frère en question) et Juliette Binoche (la mère) rappellent leur capacité à porter de très nombreuses émotions à l’écran. Cette scène où ils se mettent à écouter un morceau des années 80 et à danser, alors qu’ils étaient en train de pleurer, le prouve entièrement. Je crois qu’au-delà, elle constitue une raison en soi pour aller au cinéma le 30 novembre.

LOUISON TURBAN

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