Au cœur du Théâtre des Marronniers se cache une Supercherie

Du 7 au 11 mars s’est tenue une pièce de théâtre singulière, nichée sur la scène du Théâtre des Marronniers. Singulière, car le collectif qui la met en scène, Les Herbes Folles, n’est composé que de deux acteurs (Jean-Malik Amara et Guillaume Douat) et d’une actrice (Léna Genin), alors que la pièce compte six personnages.

Un obstacle surmonté avec aisance et espièglerie par ce trio débordant d’une énergie folle, n’hésitant pas à jouer de la proximité offerte par le théâtre ainsi que de la faible quantité de décors et costumes pour mieux nous faire rire de l’absurdité de certaines situations. Loin des mises en scènes exubérantes et des orchestres symphoniques, cette troupe s’évertue dans une simplicité totale, à donner corps à La Supercherie Réciproque, une pièce écrite par la Lyonnaise Françoise Albine Benoist en 1768.

Crédit photo : Christian Genin

Une œuvre prérévolutionnaire que ces jeunes pousses ont découvert parmi tant d’autres œuvres matrimoniales via les Assises de la Transmission Théâtrale, et notamment grâce au travail de recherche d’Aurore Evain désirant mettre en lumière un patrimoine théâtral composé de femmes dramaturges mises sous silence. Car Benoist n’est finalement qu’une des nombreuses autrices ayant à la fois subi la censure et la mise au banc de ses créations à une époque patriarcale, dupliquant l’importance de mettre davantage en lumière leurs lègues au patrimoine culturel.

Crédit photo : Christian Genin

De ce constat, ils ont donc désiré mettre en avant ces œuvres, avec pour espoir et projet de les voir un jour être incorporé dans des cursus d’études scolaires. Car après tout, Marivaux, Molière et Racine peuvent bien laisser un peu de place ! Et quoi de mieux qu’une histoire de supercherie, de faux semblants et de femme désirant s’élever à un rang social élevé, pour mettre en exergue la conclusion censurée de la pièce originale (je n’en révèlerai pas davantage, promis !) et inventer une fin alternative ?

Un hommage à l’autrice de la pièce, mais avant tout un hommage à ces autrices invisibilisées et à un matrimoine ayant grand besoin d’une renaissance.

Crédit photo : Christian Genin

Tu n’as pas eu l’opportunité de découvrir cette pièce mise en scène par ce collectif d’herbes sauvages ? Rassure-toi, ils reviendront le 7 mai à l’Amphithéâtre des Trois Gaules dans le cadre du festival la Basse-Cour organisé par le Nid de Poule !

MORGAN CHARLES

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