Nos films coups de cœur de la quinzaine #3

Deux fois par mois, on te parle de nos récents coups de cœur cinéma qu’on te conseille d’aller découvrir en salles 🙂

Zaï Zaï Zaï Zaï,
de François Desagnat

Il existe deux cas de figures quand on découvre le film Zaï Zaï Zaï Zaï dans les salles obscures : d’abord, celui où l’on ne possède pas sa carte de fidélité, impliquant un visionnage en roulade arrière. Et celui ou l’on a sa carte, mais qu’on désire user d’un poireau comme d’une arme.

Si tu as soufflé du nez devant cette explication sans queue ni tête, alors ce film est fait pour toi ! Le film est une adaptation de la bande dessinée éponyme de Fabcaro, auteur français avec quelques-unes de ses œuvres portées à l’écran (on notera notamment Le Discours, sorti l’année dernière).

L’humour absurde est donc ici au service d’une histoire qui l’est tout autant : un oubli de carte de fidélité dans un supermarché amène un homme à être traqué par la police. Le récit va alors opérer une succession de situations absurdes, dénonçant avec efficacité les travers d’une société formatée, à l’image de ce plan où tout le monde possède le même modèle de voiture.

En tant que lecteur de la bande dessinée, le travail abattu par cette adaptation est plus qu’admirable, et même si le rythme pêche un peu, il faut bien évidemment imaginer la complexité de rendre à l’écran une succession ininterrompue de sketchs en six cases. L’humour absurde est rythmé par une performance très juste de la part des acteurs et actrices, offrant pléthores de scènes hilarantes, ainsi que par un excellent montage des séquences donnant un ensemble fluide et homogène.

Avec Jean-Paul Rouve, Julie Depardieu, Ramzy Bedia… (1h22). En salles depuis le 23 février.

MORGAN CHARLES

The Batman,
de Matt Reeves

Le héros de Gotham fait enfin son grand retour seul à l’écran, après des années de confrontation face à Superman, laissant parfois les fans du chevalier noir perplexes. Incarné avec succès par l’acteur Robert Pattinson, c’est un Batman torturé psychologiquement qui s’offre à nous, ne réussissant pas à apaiser les traumatismes de son enfance autrement qu’à travers le prisme de la violence. Gotham n’y est que nuit et pénombre à l’image du héros qui la protège. Plus que jamais, Batman est seul.

Le réalisateur Matt Reeves installe à travers sa mise en scène aux plans simples et esthétiques une ambiance pesante créant un climat anxiogène autour de Batman. Pattinson parvient à mettre en relief toutes les faiblesses d’un justicier à la fois touchant et terrifiant.

La direction du film est sans concession. Sur les thèmes abordés aussi. Rarement un opus de la franchise n’aura été aussi actuel, abordant les thèmes de la perte de confiance dans les institutions, l’angoisse de la catastrophe et les ravages du complotisme.

Matt Reeves n’a pas voulu concurrencer les récentes productions de films de super-héros « mainstream ». The Batman n’est pas un film de divertissement réunissant les codes du film de super-héros sous couvert de petites notes d’humour, comme on a eu l’occasion d’en voir ces dernières années au box-office. Non, c’est un film d’enquête, un thriller psychologique, à l’image d’un Batman mystique, s’érigeant plus que jamais en anti-héros. The Batman est anxiogène, certes, mais on se rend compte qu’un blockbuster de super-héros peut aussi porter une vision artistique sans complexe et surtout réussie. The Batman est un film à voir, le pari est gagné.

Avec Robert Pattinson, Zoë Kravitz, Paul Dano… (2h57). En salles depuis le 2 mars.

RUBEN MAYTRAUD

Viens je t’emmène,
d’Alain Guiraudie

Dans un Clermont-Ferrand tout juste meurtri par un attentat terroriste, plusieurs changements s’opèrent dans la vie de Médéric : il tombe amoureux d’une prostituée de cinquante ans mariée et un sans-abri dont il se méfie un peu se réfugie dans la cage d’escalier de son immeuble. Même si le pitch ne paraît pas franchement gai, Alain Guiraudie signe un film moins sombre que ses précédents, plus léger, mais pas dénué de sens puisqu’il apporte une réflexion sur nos modes de vie contemporains. A plusieurs reprises, le réalisateur parvient à nous surprendre en prenant des directions auxquelles on ne s’attend pas forcément. Le casting est aussi très alléchant : Jean-Charles Clichet, qui a peu l’occasion d’être en tête d’affiche, est formidable. Il est entouré de Noémie Lvosky, Renaud Rutten et Doria Tillier, pleine d’énergie. D’ailleurs, si tu n’éternues pas pendant la séance, tu reconnaîtras peut-être Sami Outalbali (Sex Education, Une histoire d’amour et de désir). Finalement, dans cette période où la fréquentation des salles obscures n’est pas au beau fixe, quoi de mieux que d’inviter sa/son petit.e ami.e au cinéma en lui sussurant « viens, je t’emmène » ?

Avec Jean-Charles Clichet, Noémie Lvovsky, Doria Tillier … (1h40). En salles depuis le 2 mars.

MAXIME VIGOUROUX

Retrouve nos précédents coups de cœur juste ici ⬇️

On se retrouve dans deux semaines pour de nouveaux conseils ciné 😉

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