On regarde quoi ce soir ? (Mai 2021)

Après plusieurs mois de flou et de vide culturel, le 19 mai avait pour L’envolée Culturelle une saveur particulière. Certain.e.s avaient hâte de savourer une bonne bière en terrasse entre potes (bon ok, on en fait aussi partie…), d’autres se délectaient de pouvoir rentrer chez eux après 19h. Pour nous, le 19 mai a sonné comme un moment de soulagement : enfin, nous pouvions retrouver nos lieux de culture ! Pour la sélection ciné-séries de ce mois-ci, certain.e.s de nos rédacteur.ice.s n’ont pas hésité à succomber au besoin pressant de retourner au cinéma… (Illustration © Eloïse Martin)

LE COUP DE COEUR DU MOIS :

Film : Adieu les cons, Albert Dupontel (2020)

Actuellement au cinéma.

Manon : 

Enfin, nous avons pu retouver nos théâtres, nos musées, nos cinémas ! Il a fallu ensuite choisir le film qui incarnerait ce retour en salles : en tant qu’admiratrice inconditionnelle du travail de Dupontel, je me suis dirigée vers Adieu les cons. Et quel merveilleux choix pour un retour au cinéma… Le duo Efira-Dupontel, lancés dans une quête aussi rocambolesque que nécessaire à la recherche d’un enfant né sous X il y a des années, fonctionne à merveille, complété par l’hilarant Nicolas Marié. Tenu.e.s en haleine tout au long du film dans une épopée magique, drôle et intelligente, on est plongés dans un monde qui semble à la fois ultra réaliste et complètement aliéné, un monde qui tourne à toute vitesse et dans lequel l’amour peine à être dit. 

Elizabeth :

Quel retour au ciné ! Avec cette comédie sombre et touchante, l’équipe d’Albert Dupontel a raflé sept Césars bien mérités. Suze est à la recherche du fils qu’elle a eu à 15 ans, elle croise le chemin de JB qui fuit la police suite à son suicide raté. Ensemble, ils forment une drôle d’équipe de bras cassés accompagnés de M. Blin, responsable aveugle des archives papier. Ils sont cabossés, perdus, tendres, tristes, à côté de la plaque et ils ont besoin les uns des autres. Le jeu des acteurs, la réalisation et le montage : tout est à la hauteur de cette histoire rocambolesque. Une ode à l’amour, à la folie, à la solidarité, à ce qu’il y a de plus humain au fond de chacun, à la marge d’une société performante, compétitive et conformiste. Un grand moment de cinéma à la saveur particulière du retour en salle. Courez-y !


Simon : 

Film : Antoinette dans les Cévennes, Caroline Vignal (2020) – Comédie

Disponible en VOD sur ArteBoutique ou UniversCiné.

Une comédie à la française ! Antoinette espère retrouver son amant, Vladimir, qui a prévu de partir en vacances avec sa femme et sa fille dans les Cévennes. Pour être auprès de lui, elle va faire comme l’écrivain Stevenson qui, suite à une rupture amoureuse, décide de partir marcher avec une ânesse dans les Cévennes. Antoinette décide donc de faire le chemin de Stevenson avec un âne avec qui elle va vivre de nombreuses péripéties. Cette comédie a été pour moi un vrai coup de cœur car je n’ai pu m’empêcher de sourire à chaque situation cocasse et de m’attacher à Antoinette mais aussi à Patrick, son âne.


Thomas : 

Film : Hospitalité, Kôji Fukada (2010) – Comédie dramatique

Actuellement au cinéma.

Pourquoi faut-il aller voir Hospitalité de Kôji Fukada au cinéma, film réalisé en 2010 mais qui vient de trouver un distributeur en France ? L’histoire se passe au Japon, au sein de la famille Kobayashi qui se compose de Mikio, un modeste imprimeur, de sa fille, Erikio, issue d’un premier mariage, de sa femme, Natsuki, et de sa sœur, Seiko. Les Kobayashi mènent une vie tranquille jusqu’à l’arrivée d’un inconnu se présentant à Mikio sous le nom d’Hanatoro Kagawa, le fils d’un ami de son père défunt. À partir de ce jour, Hanatoro vient quotidiennement à l’imprimerie mettre à rude épreuve leur sens de l’hospitalité. Fukada nous livre une véritable leçon. S’incarnant dans le personnage d’Hanatoro, il s’amuse à troubler le quotidien des Kobayashi et tester leurs limites en matière de politesse, de bienséance, d’hospitalité, à tel point que nous pouvons parfois ressentir de la gêne ou de la colère. Cependant, l’ingratitude d’Hanatoro vient révéler les différents secrets de cette famille, si bien que la fin nous met absolument tous d’accord. Nous prenons conscience que la tranquillité des Kobayashi n’est, en réalité, qu’une boucle fermée sur elle-même traduisant l’enfermement. En invitant Hanatoro, cette boucle s’est ouverte dans l’éclat des sentiments, de la vérité, et du vivre ensemble.


Candice : 

Film : Fargo, Joel et Ethan Coen (1996) – Policier, drame

Disponible dans l’abonnement UniversCiné ou sur FilmoTV.

Un grand classique ! Après avoir regardé les quatre saisons de la série, j’ai enfin pu voir le film dont elle est inspirée. Attention, histoire vraie – enfin… peut-être – ! Dans les paysages enneigés du Minnesota, nous suivons Jerry Lundegaard, vendeur de voiture criblé de dettes. Afin de s’en sortir, il demande à des truands d’enlever sa femme pour qu’ils demandent une rançon au père de cette dernière qui est très riche. Mais tout va mal tourner. La neige ne restera pas immaculée et si vous n’aimez pas le sang, fuyez ! Mention spéciale pour la musique qui est fantastique et colle parfaitement à l’ambiance ainsi qu’aux magnifiques plans des Frères Coen.


Pierre : 

Film : Vers la bataille, Aurélien Vernhes-Lermusiaux (2021) – Drame

Actuellement au cinéma.

Mexique, 1863. Louis est perdu en pleine nature, désespérant de trouver un jour l’armée française, en intervention dans le pays, qu’il s’est engagé à venir photographier en pleine action. Dans son errance il rencontre Pinto, un mexicain qui lui sauve la vie et le guide sur des terres marquées par les combats, sans jamais réussir à capturer des images de la guerre. À toujours arriver après la bataille, Louis finira par se questionner sur les réelles motivations de son périple, en s’enfonçant toujours plus profondément dans une région qui lui est inconnue. Le film nous transporte dans un voyage intérieur dans lequel le paysage, à la fois beau et hostile, prend une place considérable dans le cadre. L’histoire nous est racontée avec une grande sensibilité, n’hésitant pas à nous emmener dans une dimension plus onirique par moment. Vers la bataille est un beau film qui parle de cinéma et qui réfléchit sur ce que représente l’acte photographique de « faire de l’image ».


Kaia : 

Film : Slalom, Charlène Favier (2020) – Drame

Actuellement au cinéma.

L’été approche et pour un film bien de saison, allez voir Slalom de Charlène Favier. Son actrice principale, Noée Abita, qui a crevé l’écran avec Ava (Léa Mysius) constitue un argument assez fort pour vous convaincre d’affronter les plus grandes épreuves comme celle du Tram T2 en heure de pointe. Si le climat y est bien frais, le sujet du film, lui, est lourd : le harcèlement sexuel chez les sportifs de haut niveau. En bon citadin.e.s que nous sommes, la nature nous manque, et Slalom comblera ce besoin de montagnes par de superbes plan sur des sommets, qui ne vous donneront qu’une envie, enfiler vos skis ou votre luge (si comme moi, vous n’avez même pas la médaille Piou-piou). Et pour les amateur.ice.s d’arts, laissez tomber le Louvre, bien trop surcôté, et laissez-vous séduire par le travail presque pictural des images du film de Charlène, toutes sublimées par le jeu des lumières. Allez-y tout schuss !

Article rédigé par la Rédac, sur une idée originale de Manon Ruffel.

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