James Blake : Before

Après avoir partagé quelques titres ces derniers mois dont une magnifique reprise de Franck Ocean au piano-voix, il semble que le confinement a rendu James Blake plus prolifique que jamais, puisqu’il revient avec l’EP Before, doux mélange entre un retour aux sources et une expérimentation.  (Bannière : © Ryder Ripps)

From Boiler room with love 
James Blake a commencé dans le milieu underground anglais et est un habitué des boiler room, ces lieux mythiques de la musique électro londonienne où les artistes viennent mixer pour un nombre restreint de spectateur.ice.s, et sont diffusé.e.s simultanément sur internet, permettant aux auditeur.ice.s du monde entier d’assister à un live et de commenter. Pourtant, depuis quelques années, la musique de James Blake semblait de plus en plus s’imprégner des sonorités rap et hip-hop américain (il vit d’ailleurs au États-Unis depuis plusieurs années), notamment pour son dernier album en date Assum Form et sa liste de collaborations toutes plus prestigieuses les unes que les autres : Travy Scott ou André 3000, pour ne citer qu’eux. Entre ses nombreuses collaborations rap et ses moments plus calmes au piano-voix dont il nous a gracieusement délectés lors du premier confinement via Instagram, l’artiste semblait s’être éloigné quelque peu des clubs londoniens. C’est sans compter sur Before, avec lequel Blake semble revenir à ses premières amours, une post-dubstep épurée mais profondément inspirée, parfait mélange de tout ce que l’artiste de 32 ans a produit jusqu’à aujourd’hui.


Pour voir le clip de Before, c’est juste ici

Coming of (odd) age
Mais la signature de James Blake, celle qui le distingue de tous les autres, c’est cette voix, particulièrement profonde, de laquelle émane une intense fragilité qui lui a longtemps valu cette image d’artiste timide, écorché. Ce n’est plus le cas. Au contraire, c’est un James Blake affirmé, mature et presque optimiste que l’on retrouve dans Before. Il joue avec sa voix, véritable instrument, la répète, la modifie dans les aigus et les graves, ses mots résonnent encore davantage alors du fin-fond de nos écouteurs. Et si ses paroles résonnent, c’est aussi parce qu’elles viennent d’aujourd’hui, dans ce monde-ci, tel qu’il est. Il réalise en effet cet EP en plein confinement, de chez lui. Complètement auto-produit, entièrement dans le présent. C’est l’avantage d’être un bedroom producer : il suffit d’une chambre, et d’inspiration. Sur ce dernier point, nous ne sommes pas inquiet.e.s, Blake n’en manque pas, et si Before a été conçu pendant une période compliquée, portée par le doute et l’angoisse, ce n’est pas le mal-être qui guide l’expérience de l’écoute, loin de là. 

« I’m not the sum of all my worries », entonne l’artiste dans l’onirique Summer of now (Traduisez : “Mes inquiétudes ne me définissent pas”). Voilà un beau message, à se rappeler tous les matins devant les actualités angoissantes. 

Retrouvez Before sur toutes les plateformes de streaming, juste ici

Article rédigé par Ambre Bouillot.

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