Festival Lumière 2020, c’est fini !

Dimanche dernier sonnait la fin de la douzième édition du Festival Lumière. Une édition particulière, notamment entrecoupée par l’annonce du couvre-feu qui a causé l’annulation de certaines séances nocturnes, mais néanmoins réussie. L’envolée Culturelle a pu se rendre à quelques séances : en voici un aperçu. (Bannière : © Festival Lumière)

© Drunk, Thomas Vinterberg – Haut et Court
  • Avant-première Drunk, Thomas Vinterberg (2020)

Cette année, le festival Lumière a choisi d’accueillir des films sélectionnés en Sélection Officielle au Festival de Cannes 2020, qui n’a pas pu se tenir à cause de la crise sanitaire. Malgré des avant-premières très prisées, nous avons réussi à nous glisser dans une séance inédite de Drunk, le nouveau long-métrage du cinéaste danois Thomas Vinterberg, auteur notamment de Festen ou encore La Chasse. Avec notamment l’indétronable Mads Mikkelsen, le film raconte le défi un peu (complètement) fou que se lancent quatre enseignants et amis d’étudier en pratique la théorie d’un psychologue norvégien selon laquelle l’homme naîtrait avec un déficit d’alcool de 0,5g dans le sang. Loin de faire l’apologie de l’alcool, et a contrario loin de se dresser en défendeur moral de la sobriété, Vinterberg explore avec une très grande intelligence la dangereuse et subtile frontière entre l’enivrement et la soûlerie, c’est-à-dire ce moment flottant où l’on perd le contrôle.

© Alice Rohrwacher, photographiée par Fabio Lovino
  • Conversation avec Alice Rohrwacher

Mardi après-midi, l’une de nos rédactrices a assisté à la rencontre avec la réalisatrice italienne Alice Rohwacher organisée à la Comédie Odéon. Son enfance isolée de tout, sa découverte du cinéma, ses multiples passions artistiques, son rapport à son pays et à la politique berlusconienne, la genèse et la création de ses trois films Corpo Celeste, Les Merveilles, et Heureux comme Lazzaro… Autant de sujets passionnants évoqués qui permettent d’appréhender son rapport au cinéma et au monde, un rapport libre dont le mot d’ordre est la solidarité et l’égalité entre tous.tes : « Le cinéma réunit les choses. C’est un lieu de réunion. Tous ensemble. », a-t-elle évoqué à plusieurs reprises. La rencontre a également été l’occasion de faire découvrir son sublime nouveau court-métrage Omelia Contadina présenté à la Biennale de Venise, co-réalisé avec l’artiste JR, sublime hommage à la mort de l’agriculture paysanne traditionnelle. Un moment hors du temps en compagnie d’une cinéaste passionnante et passionnée. 

© La chair et le diable, Clarence Brown
  • Ciné-concert La chair et le diable, Clarence Brown (1926) accompagné par l’Orchestre National de Lyon

Ce mercredi 14 octobre, le Festival Lumière organisait en partenariat avec l’Auditorium un ciné-concert autour du film La Chair et le Diable de Clarence Brown. Une histoire qui va avec son temps (1926) et qu’il est toujours un peu surprenant de voir à l’écran du fait de nos idées personnelles et politiques. Il faut donc se remettre dans le contexte de ces années 20 ainsi que les codes sociétaux qui allaient avec (patriarcat, religion…). L’histoire concerne deux hommes avec une amitié très forte et fusionnelle, qui vont voir leur relation changer et se dégrader du fait qu’ils aiment la même femme. Cependant, ce film a paradoxalement un petit goût de modernité pour son époque qui m’a plu. Il ne faut pas oublier qu’il était choquant dans ces années de parler de relations amoureuses aussi passionnelles (sans histoire de mariage), d’adultère et parfois même d’homosexualité du fait de cette relation très forte et ambiguë entre ces deux « amis », ce qui a d’ailleurs amené ce film à être interdit à l’époque pour ses scènes « osées ». Ce film a plutôt bien vieilli, évoquant certains thèmes inconcevables pour l’époque. Je dois donc dire que cela fut une belle surprise au fil de l’histoire. De plus, que serait un ciné-concert sans musique ? Et nous avons été plutôt bien servi.e.s avec l’Orchestre National de Lyon : une qualité sonore et musicale incroyable rendant ce moment encore plus exceptionnel.

© Garde à vue, Claude Miller – Les Films Ariane & TF1 Films Productions
  • Garde à vue, Claude Miller (1981)

Diffusé à l’occasion du centenaire de Michel Audiard, nous avons pu (re)voir sur grand écran ce huis-clos qui met face à face Lino Ventura et Michel Serrault. Le premier est commissaire, le second témoin. Au coeur du film, deux fillettes violées et assassinées. Tout accable rapidement Maître Martinaud : son emploi du temps suspect, son comportement et même sa femme. Les dialogues de Michel Audiard sont drôles, au début toutefois. Ils deviennent peu à peu féroces et empreints d’humour noir. Un film intense avec un coup de théâtre auquel on ne s’attend pas.

© Pique-nique à Hanging Rock, Peter Weir – Mc Elroy & McElroy Production
  • Pique-nique à Hanging Rock, Peter Weir (1975)

Le Festival Lumière a aussi été l’occasion de (re)découvrir Pique-Nique à Hanging Rock, l’un des premiers films de Peter Weir. Dix ans avant de partir pour Hollywood et rencontrer le succès qu’on lui connaît avec des films comme Witness, Le cercle des poètes disparus ou The Truman Show, le réalisateur australien proposait l’un de ses films les plus personnels. Adapté du roman du même nom, le film met en scène la disparition d’un groupe de lycéennes parties explorer le fameux « Hanging Rock », sorte de gigantesque formation rocheuse et ancien lieu sacré pour les aborigènes. Si l’histoire est tirée de faits réels s’étant déroulés en Australie dans l’état du Victoria au début du XXème siècle, le film ne se revendique pas tant de relater les faits tels qu’ils se sont réellement passés que de se plonger dans le mystère qu’implique la disparition. En ça, Peter Weir vient plutôt lorgner du côté du fantastique, donnant à voir un film à l’aura éthérée où la nature est prépondérante et où tout paraît n’être qu’un rêve comme s’il n’avait jamais vraiment été question de retrouver les lycéennes mais plutôt de se laisser happer par les forces d’attraction du rocher. En résulte un film onirique, presque mélancolique par moments, qui témoigne aussi du savoir-faire du cinéma australien et de l’intérêt qu’il a commencé à susciter par-delà ses frontières à partir des années 1970.

© Institut Lumière
  • Exposition In The Mood For Wong Kar-wai, Galerie Cinéma 3

Car le Festival Lumière, ce n’est pas que des projections, nous nous sommes rendu.e.s rue Pleney, proche de l’Hôtel de Ville, dans la Galerie Lumière pour découvrir l’exposition photographique consacrée au cinéaste hongkongais Wong Kar-wai, qui avait d’ailleurs reçu le Prix Lumière en 2017. Cette exposition propose une véritable plongée dans l’univers et le style si particulier de ce cinéaste. Si vous ne le connaissez pas déjà, vous en ressortirez avec l’envie urgente de découvrir ses films. Si vous le connaissez, foncez aussi : on n’a jamais assez vu de Wong Kar-wai. En plus, l’exposition est encore disponible jusqu’au 1er novembre. 

Quand il n’y en a plus, il y en a encore… Du 22 octobre au 29 novembre, retrouvez le best-of du Festival Lumière avec une sélection des meilleures séances du festival à l’Institut Lumière.

Article rédigé par (dans l’ordre) Manon Ruffel, Lucile Sauverzac, Candice Grousset, Pierre Chatut, Manon Ruffel.

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