Coisa mais linda

Le temps des plaids est arrivé ! Netflix reprend ses droits au beau milieu du salon, il ne reste qu’à trouver la série qui mettra du soleil dans notre soirée… Peut-être faut-il passer de l’autre côté de l’équateur, traverser l’Océan Atlantique et débarquer au Brésil pour trouver notre bonheur : Coisa mais linda nous entraîne dans le Rio jazz des années 60. Dépaysement assuré ! (Bannière : © Netflix)

Sur un air de bossa nova
Un joli filtre sépia, des filles qui rient sur la plage, des garçons qui jouent au ballon, l’Océan à couper le souffle, une impression de carte postale : Rio de Janeiro. La ville et ses clichés sont sublimés à l’écran, idéalisés par les personnages – même le quartier pauvre paraît bucolique. Un vent de légèreté souffle sur le bateau où est réunie la bohème fortunée de l’époque autour d’un guitariste au regard intense. Et ça marche ! On se sent un peu comme en vacances, on rêve de sable fin et on sourit alors que la bossa nova rythme ces scènes délicieuses et un brin lyriques. La série brésilienne nous invite dans le monde du jazz sudaméricain, ses clichés et ses idéaux. Quand les musiciens se mettent à jouer – que ce soit sur un bateau, dans la rue, sur un canapé ou encore au fond d’un bar – tout s’arrête. La musique offre un moment de pause dans la course effrénée de la vie citadine. Elle permet une libération des désirs profonds de chacun, transforme la mélancolie, fait pousser des ailes aux rêveur.se.s comme aux fatigué.e.s. Moments de partage, de rêve, de joie, de nostalgie : c’est l’âme des histoires. La bande originale de la série nous met aussi du baume au coeur et un sourire aux lèvres. Malu, venue de Sao Paulo, monte avec Adelia, un club de musique : leur enthousiasme et leur créativité sont au rendez-vous. Les personnages solaires donnent à la série une atmosphère joviale. C’est assurément une feel-good série pour cet automne qui s’annonce pluvieux. Pourtant, il serait injuste de cantonner cette série au soleil, à la plage et à la musique… Alors « votre altesse se croyait en route pour Copacabana ?»

© Netflix

Au dos de la carte postale…
C’est un peu moins rose ! Les premières phrases de la saison 1 annoncent la couleur : « La femme doit dégager quelque chose qui dépasse la beauté. Un peu de tristesse, un peu de larmes, un peu de désir. Le rythme d’un coeur brisé. Une beauté née du fardeau de sa condition de femme. ». La série propose un panel de portraits de femmes représentatif des souffrances, des combats, des difficultés que l’on peut rencontrer à l’époque – et encore aujourd’hui. Maria Luiza – Malu pour les intimes – doit se battre pour ne plus être seulement la fille de, la femme de, la mère de… Abandonnée par son mari, contrôlée par son père, elle va les défier et devoir redoubler de courage et d’inventivité pour monter le club de musique « Coisa mais linda ». Le jeu en vaut la chandelle : malgré les doutes et les coups durs, elle va enfin pouvoir être elle-même pour la première fois. Son amie d’enfance Ligia n’aura pas cette chance-là. Elle voudrait chanter mais son mari fait de la politique et ne voit pas d’un bon oeil ses désirs d’artiste. Il lui rappelle à grands coups au visage. Ici, point de spoiler : on sait tous comment cela finit. Tereza sa belle-soeur est une femme libre, épanouie dans son couple, travaillant dans un journal féminin où elle est la seule femme… Adelia, avec ses petits boulots, tente d’offrir le meilleur à sa fille. Habituée au racisme et aux discriminations quotidiennes, elle devient le bras droit et l’amie fidèle de Malu. Amours, souvenirs, violences, déceptions, rêves, secrets : elles traversent ensemble les joies et les peines quotidiennes. Sans s’attarder sur un combat, la série survole les difficultés de la vie de femme dans la société : travail, (non) maternité, discrimination, droits, agressions et chantages sexuels, mariage, indépendance… Pour chaque femme, l’issue est différente, heureuse ou malheureuse, souvent contrastée. De même, si la série montre le visage festif, rêveur et enjoué de l’ancienne capitale brésilienne, elle en profite aussi pour dévoiler son visage sexiste, raciste, corrompu et dangereux. Les femmes sont justement – à même leur chair – les espaces d’apparition de ces contrastes. 

© Netflix

Lumineux sans cacher les souffrances, joyeux sans être naïf, solaire et musical tout dénonçant les injustices, un peu exalté et un brin mélodramatique – vivement la saison 3 !

Pour regarder la bande-annonce de la saison une, c’est juste ici.
Pour retrouver la série sur Netflix, c’est juste ici.

Article rédigé par Elisabeth Coumel.

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