TOP 5 : MEILLEURS SPECTACLES DE 2019

Difficile exercice que celui de sélectionner cinq spectacles parmi toutes les propositions vues pendant l’année ! L’Envolée Culturelle s’y plie néanmoins, et vous parle de quelques spectacles marquants, que ce soit pour leur contenu, leur esthétique ou bien pour les émotions qu’ils ont réussi à susciter, ou d’ailleurs, pour toutes ces raisons à la fois ! (© Candice Grousset)

Prétérition © Hugo Fleurance

Question liminaire :

Prétérition de Cédric Daniélo, au Théâtre des Clochards Célestes

Aller au théâtre ? Pour quoi faire ? C’est la question qu’a posé Cédric Daniélo dans Prétérition. Dans la peau d’un jeune homme qui découvre le théâtre pour la première fois, il s’interroge sur cette pratique sociale un peu… particulière. Sa naïveté affichée révèle l’étrangeté du silence du public, de ses larmes devant des émotions feintes mais qui veulent paraître vraies, devant un mensonge en fait ! En mêlant références théoriques piochées dans le livre de sa meilleure amie Mathilde, réflexions personnelles et « tests » répétés sur l’un des plus célèbres monologues de l’histoire du théâtre, notre compagnon cherche le moyen le plus efficace de provoquer quelque chose en nous.

« Être ou ne pas être » est-ce plus saisissant en prenant un poignard et en menaçant de se tuer, pour de vrai ? Les spectateur.ice.s sont-ils.elles plus touché.e.s en apprenant que Mathilde est morte ? Cette émotion serait-elle annihilée si ce décès n’était que feintise ? Les questions sont posées.

Prétérition revient du 28 janvier au 9 février 2020 au Nid de Poule, sous un nouveau nom, Telle est la question !


© Cie Gangmouraï

Éclat d’amour :

Love Manifeste de la Cie Gangmouraï, au Théâtre des Clochards Célestes

Adapté de Pas dans le cul aujourd’hui : lettre à Egon Bondy, de Jana Cerna, Love Manifeste est une déclaration d’amour, de liberté et d’irrévérence. Et lorsqu’actrice et autrice se confondent et nous parlent d’une même voix, dans une chaude proximité, nous ne pouvons qu’être séduit.e.s ! Margot Segreto chante l’exigence amoureuse et intellectuelle de l’autrice pragoise, pour le plaisir de nos oreilles curieuses et attentives. Nous avions écrit une critique sur Love Manifeste en septembre, si vous souhaitez la lire, c’est par ici !


Mon Coeur © Pierre Grosbois

Sans anesthésie :

Mon Cœur de Pauline Bureau, au Théâtre de la Croix-Rousse

En mars dernier, Pauline Bureau et la compagnie La Part des Anges ont posé leur glaciaire au Théâtre de la Croix-Rousse. A l’intérieur ? Un cœur malade à cause du Médiator. Mon Cœur revient en effet sur ce scandale sanitaire et sur un véritable parcours du combattant judiciaire. Peut-être devrions-nous dire un parcours des combattantes : Irène Frachon est Claire Tabard, un personnage créé à partir de tous les témoignages de victimes recueillis par la metteuse en scène. Saisi.e.s par la détermination des protagonistes face à cette machine infernale qu’est l’industrie pharmaceutique, les spectateur.ice.s s’indignent et s’émeuvent. Une émotion politique accompagnée et servie par des moments de contemplation et de silences éloquents.


Taïga © Bertrand Nodet

Rires tranchants :

Taïga (comédie du réel) de la Cie Cassandre, au NTH8

Autre scandale, politique et policier cette fois-ci : le 11 novembre 2008, plus d’une centaine de policiers déboulent dans le village de Tarnac, en Corrèze, pour arrêter dix personnes accusées de terrorisme, et présumées coupables avant même le début des gardes-à-vue. Achat d’une ferme, non-possession de smartphones, publication d’un livre, tous les prétextes sont bons pour déclencher cette curieuse arrestation musclée, l’« opération Taïga ». Il s’ensuit une affaire judiciaire qui dure une dizaine d’années, jusqu’à la relaxe des accusé.e.s. Entre caricatures grotesques et documentation poussée, les spectateur.ice.s passent de l’hilarité générale à la gravité sérieuse, et n’échappent pas à un léger sentiment d’inquiétude… Pour lire une critique plus étoffée, celle que nous avions publiée en novembre est ici. 


L’absence de guerre © Marjolaine Moulin

Rock n’ Théâtre :

L’Absence de guerre d’Aurélie Van Den Daele, au Théâtre de la Croix-Rousse

Aurélie Van Del Daele met en scène une pièce du dramaturge anglais David Hare. Dans L’Absence de guerre, nous entrons dans les coulisses d’une campagne électorale du parti travailliste dans les années 1990, et nous suivons un candidat dans l’effritement progressif de ses convictions au fur et à mesure de son entrée sur l’échiquier politique, dont il faut accepter les règles du jeu. Queen et U2 à plein volume, fêtes débridées, conflits et alliances, stratégies bien ficelées, tous les ingrédients sont réunis pour constituer un thriller politique haletant qui emporte les spectateur.ice.s ! À souligner : la remarquable composition des images, que ce soit celles des célébrations diverses ou bien celles de manifestations. Les nuées rouges des fumigènes ont de quoi ravir notre œil !

Chose plaisante et frustrante à la fois, faire un top permet de faire retour sur une année riche en événements, et d’en retenir les plus marquants. Evidemment, beaucoup d’autres spectacles valaient la peine d’être vus, et les spectacles à venir promettent eux aussi leur lot de bonnes surprises ! Alors à bientôt dans les théâtres !

Article rédigé par Alice Boucherie.

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